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  • Le Mur de Chicon-Witloof (Belgique)

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Production de contenus visuels, artistiques et analytiques

Les acteurs

> Initiateur du projet, recherche, photographies et textes : Alban Biaussat
> Assistance & soutien recherche : Stephane Rillaerts
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Les attentes

Visualiser la frontière linguisitique en mettant en scène son appellation comme « mur de chicons » pour aborder le conflit communautaire belge. Associer photographes plasticiens et analystes politiques pour promouvoir, avec humour, distance, et originalité créative une meilleure compréhension des causes et des enjeux identitaires contemporains en Belgique.

Vidéo évaluation du Programme d’Appui à la Société Civile en Tunisie Vidéo évaluation de l’Instrument de l’UE contribuant à la Stabilité et à la Paix au Soudan

Le contexte

« MAIS QU’EST-CE QUE VOUS ÊTES VENUS
FOUTRE DANS CE TROU ?! » - Quelqu’un dans un bar Jupiler sur la route N50 à destination de Kortrijk...

Visualiser la frontière linguistique en mettant en scène son appellation come " mur de chicons" pour aborder le conflit communautaire belge.

Instaurée au début des années 1920, la frontière linguistique définitivement fixée en 1962-63, détermine la langue administrative et, à partir de 1970, les limites des entités fédérées de la nouvelle Belgique fédérale. Produit de l’histoire et des occupations étrangères successives, cette pseudo-frontière est née d’un compromis politique entre les communautés francophone et néerlandophone, les deux principales communautés linguistiques du pays.

En plusieurs endroits du territoire, notamment autour de Bruxelles, des rivalités persistent aujourd’hui, alimentées par des considérations économiques et identitaires qui servent de relais à l’expression de nationalismes et de tentations séparatistes au cœur de l’Europe. Ce projet photographique entend représenter le territoire de cette division. Une dose de dérision indispensable espère contribuer de manière originale à souligner les thèmes récurrents de désaccords, ainsi que les principaux mythes de compréhension qui prévalent de part et d’autre de cette frontière interne, que certains ont nommé « le mur de chicons ».

Légume inventé par hasard lors de la création de la Belgique unifiée en 1830, des images de chicons (« witloof » en néerlandais, « endive » en français) ont été projetées au sein de ces paysages. A l’époque de la Révolution belge, dans un contexte de violence politique où les soldats des armées européennes sous-alimentés s’accaparaient les récoltes locales, un cultivateur de Schaerbeek (une commune proche de Bruxelles) a choisi de replanter sa production dans sa cave. Quelques semaines plus tard, en l’absence de photosynthèse, naissait un bulbe blanc, comestible, le chicon !

Cette installation visuelle fait ainsi écho à un élément fortuit de l’unification du pays, et agit comme un clin d’oeil à la dimension surréaliste du processus actuel de séparation de l’Etat, surréalisme devenu par ailleurs la marque identitaire de la Belgique, en art comme en humour ou en politique.

Ce projet a bénéficié du soutien amical et expert de Stéphane Rillaerts, auteur de plusieurs études sur la frontière linguistique belge.

Publication dans le Vif / L’Express, Belgique, juin 2012.

Exposition "Ap/ttitude(s)" - Contraste, Bruxelles, juin 2014.